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Récupération après prothèse totale de hanche  : le guide des 90 premiers jours

Chaque année en Suisse, plus de 20’000 prothèses totales de hanche (PTH) sont posées. Les 90 premiers jours post-op conditionnent la récupération à long terme. Voici un guide chronologique, en complément du suivi physio.

AF Alexia F. 3 min de lecture Relecture indépendante

En résumé

La prothèse totale de hanche est une chirurgie à très bons résultats, mais la récupération demande rigueur et patience. Le programme qui suit est indicatif, à confirmer avec votre chirurgien et votre physio.

Une PTH remplace l’articulation usée (tête fémorale + cotyle) par une prothèse métallique et polyethylène. L’objectif : retrouver une hanche indolore et fonctionnelle pour la vie quotidienne, puis pour les loisirs. Selon la voie chirurgicale (postérieure, antérieure, latérale), certaines précautions varient : demandez toujours les consignes spécifiques à votre chirurgien.

J0 – J7 : mobilisation précoce

La tendance actuelle en Suisse est au lever le jour même ou J+1. Objectifs : éviter les complications (phlébite, raideur, escarres) et reprendre confiance.

  • Marche avec cannes anglaises, appui progressif selon consigne chirurgicale (partiel ou total selon le type de prothèse et de fixation).
  • Pompes de cheville très souvent dans la journée (prévention phlébite), associées aux anticoagulants prescrits.
  • Contractions isométriques : quadriceps (écraser un coussin sous le genou), fessiers (serrer les fesses 5 sec).
  • Flexion de hanche passive douce, sans dépasser 90° si voie postérieure.
  • Lever et coucher selon la technique apprise à l’hôpital, avec ordre précis des jambes.

À la sortie (J3-J7 habituellement), la physio prend le relais, souvent en ambulatoire ou à domicile, 3 fois par semaine.

J7 – J30 : renforcement progressif

La cicatrisation profonde avance, la douleur diminue. On structure la reprise :

  • Marche quotidienne : plusieurs séances de 10-15 min, progression vers 30-45 min sur 3-4 semaines. Les cannes sont abandonnées progressivement selon tolérance et accord du chirurgien, souvent entre S3 et S6.
  • Renforcement doux du moyen fessier : abduction allongé(e) sur le dos ou couché(e) sur le côté (dans les limites des consignes).
  • Renforcement du quadriceps : extension du genou assis(e), mini-squat au mur avec amplitude limitée.
  • Vélo d’appartement à selle haute : généralement autorisé vers S3-S4 selon chirurgien (vérifiez). Sans résistance d’abord, 5-10 min, puis progression.
  • Travail de l’équilibre : station unipodale avec appui, puis progression.

J30 – J90 : reprise de la vie normale

  • Marche longue : 45-60 min sans cannes, surfaces variées (progression chemins, légères pentes).
  • Vélo sur route souvent autorisé à partir de 6-8 semaines (vérifier avec chirurgien), en évitant les descentes techniques et les départs arrêtés brusques.
  • Natation : dès cicatrisation complète (souvent vers 4-6 semaines), en évitant la brasse les premiers temps (sollicitation d’abduction / rotation externe).
  • Conduite automobile : généralement reprise vers 4-6 semaines pour voiture automatique, plus tard pour boîte manuelle (vérifier assurance et chirurgien).
  • Reprise du travail : bureau souvent à 4-6 semaines, métier physique 8-12 semaines selon cas.
  • Sport à impact (course, tennis, ski) : avis médical indispensable, rarement avant 3-6 mois, et tous les sports ne sont pas recommandés à vie.

Les gestes interdits (surtout voie postérieure)

  • Croiser les jambes (adduction au-delà de la ligne médiane).
  • Se pencher en avant pour ramasser un objet au sol (flexion > 90°). Utilisez une pince de préhension.
  • S’asseoir sur un siège très bas (canapé profond, toilettes basses). Rehausseur WC conseillé.
  • Rotation interne forcée : ne pivotez pas sur la jambe opérée, préférez tourner avec les pieds.
  • Mouvements combinés : flexion + adduction + rotation interne = position à risque de luxation.

Ces consignes s’allègent progressivement, typiquement vers 6-12 semaines selon le chirurgien. Pour une voie antérieure, les consignes sont souvent moins strictes mais nécessitent des précautions spécifiques (extension + rotation externe à éviter).

Quand la physio à domicile intervient

La physio à domicile est particulièrement indiquée après PTH :

  • À la sortie d’hôpital : les premiers déplacements sont difficiles, venir au cabinet est un effort important.
  • Pour les personnes seules ou sans accompagnement : l’aide du physio pour les transferts, la marche, l’organisation du domicile est précieuse.
  • Pour adapter le domicile : rehausseur WC, tapis glissants, chaise de douche, vérification des escaliers.
  • Pendant les 4-6 premières semaines typiquement, avec relais éventuel en cabinet pour la phase de reconditionnement plus intense.

Signes d’alerte à surveiller

  • Mollet chaud, rouge, douloureux (suspicion de phlébite).
  • Fièvre > 38°C, cicatrice qui rougit / coule : suspicion d’infection.
  • Douleur brutale à la hanche avec impossibilité d’appui : suspicion de luxation.
  • Essoufflement brusque, douleur thoracique : urgence (embolie).

Dans ces cas, contact immédiat avec le service de chirurgie ou les urgences.

AF

Alexia F.

physiothérapeute HES-SO, spécialiste neurologie & post-AVC

Physiothérapeute indépendant. Cet article a été relu pour garantir sa qualité pédagogique. Il n’engage pas la responsabilité professionnelle de son relecteur et ne remplace pas une consultation.

Cet article a été relu par , physiothérapeute indépendant — ne fait pas partie de Genève Domicile.

Sources & références

Les informations de cet article ne remplacent pas une consultation médicale. Pour toute situation clinique individuelle, consultez votre médecin ou un physiothérapeute diplômé.

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